

Indemnités kilométriques : barème, calcul et impacts
Les indemnités kilométriques permettent de rembourser à un salarié, les frais liés à des trajets effectués dans le cadre professionnel, avec son véhicule personnel. Le tout en gardant un cadre fiscal et social clair si l’entreprise applique le barème et conserve les justificatifs attendus.
Pour l’entreprise, l’enjeu dépasse le simple remboursement. Vous devez maîtriser le budget mobilité, éviter les dérives (trajets mal qualifiés, doublons, montants incohérents) et assurer la conformité en cas de contrôle. Pour le collaborateur, le but est d’obtenir une compensation juste, compréhensible et simple à déclarer.
Dans cet article, nous expliquons le cadre légal, le barème officiel, la méthode de calcul et les impacts côté entreprise comme côté salarié. Nous finissons par des pratiques simples à mettre en place pour intégrer les indemnités kilométriques dans une gestion de flotte efficace.
Qu’est-ce que l’indemnité kilométrique (IK) ? Définition et cadre légal
Définition
L’indemnité kilométrique correspond au remboursement des frais supportés par un salarié lorsqu’il utilise son véhicule personnel pour effectuer des déplacements professionnels. Elle concerne par exemple les visites clients, les déplacements entre sites ou toute mission réalisée dans le cadre du travail, en dehors des trajets domicile-travail.
Ce remboursement repose sur un barème kilométrique fixé chaque année par l’administration fiscale. Ce barème prend en compte plusieurs postes de coûts liés à l’usage du véhicule : carburant, entretien, assurance, usure et pneumatiques. Le salarié n’a donc pas à détailler chaque dépense engagée. Le montant est calculé en fonction de la distance parcourue et de la puissance fiscale du véhicule.
Il convient de distinguer l’indemnité kilométrique du remboursement de frais réels. Dans le cadre des frais réels, le salarié avance les dépenses et fournit les justificatifs correspondants (factures de carburant, péages, entretien). À l’inverse, l’indemnité kilométrique repose sur un forfait réglementé et ne nécessite pas la production de justificatifs de chaque dépense, mais uniquement la justification des kilomètres parcourus à titre professionnel.
Cadre légal en France
Le régime des indemnités kilométriques est encadré par plusieurs références officielles, notamment Service-public.fr, l’URSSAF et impots.gouv.fr. Lorsqu’elles respectent le barème en vigueur et les règles déclaratives, les indemnités kilométriques sont exonérées de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.
Cette exonération est conditionnée à plusieurs éléments : la réalité des déplacements professionnels, la cohérence des distances déclarées et le respect des plafonds fixés par le barème. En cas de dépassement ou de contrôle insuffisamment documenté, les montants versés peuvent être requalifiés et soumis à charges sociales.
L’administration rappelle également que l’indemnité kilométrique constitue un remboursement de frais professionnels. Elle ne peut en aucun cas être assimilée à un complément de salaire ni servir à augmenter indirectement la rémunération d’un collaborateur.
Qui peut en bénéficier ?
Les indemnités kilométriques concernent principalement les salariés amenés à utiliser leur véhicule personnel dans le cadre de leur activité professionnelle. Les agents publics peuvent également en bénéficier selon des modalités similaires. Dans certains cas, les travailleurs indépendants peuvent appliquer un mécanisme équivalent dans leur propre gestion, sous réserve de respecter les règles fiscales qui leur sont applicables.
Barème officiel des indemnités kilométriques
Le remboursement des indemnités kilométriques s’appuie sur un barème officiel publié chaque année par l’administration fiscale. Ce barème constitue la référence de contrôle en cas de vérification.
Le barème en vigueur est encore celui de 2025. Le barème 2026 devrait, comme chaque année, être annoncé courant avril.
Il fixe un montant forfaitaire par kilomètre parcouru, calculé selon deux critères principaux :
la puissance fiscale du véhicule et la distance annuelle parcourue à titre professionnel.
Barème applicable aux voitures
| Puissance fiscale | Moins de 5 000 km par an | Entre 5 001 et 20 000 km par an | Plus de 20 000 km par an |
|---|---|---|---|
| 3 cv et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 cv | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 cv | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 cv | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 cv et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
d : distance parcourue dans le cadre professionnel, en kilomètres.
Important : Pour les véhicules électriques, le montant des frais est majoré de 20 %.
Barème applicable aux motos (supérieures à 50 cm3)
| Puissance fiscale | Moins de 3 000 km par an | Entre 3 001 et 6 000 km par an | Plus de 6 000 km par an |
|---|---|---|---|
| De 1 à 2 cv | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 | d × 0,248 |
| De 3 à 5 cv | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 | d × 0,275 |
| Plus de 5 cv | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 583 | d × 0,343 |
d : distance parcourue dans le cadre professionnel, en kilomètres.
Important : Pour les véhicules électriques, le montant des frais est majoré de 20 %.
Barème applicable aux deux-roues inférieurs à 50 cm3
| Moins de 3 000 km par an | Entre 3 001 et 6 000 km par an | Plus de 6 000 km par an | |
|---|---|---|---|
| Montant | d × 0,315 | (d × 0,079) + 711 | d × 0,198 |
d : distance parcourue dans le cadre professionnel, en kilomètres.
Important : Pour les véhicules électriques, le montant des frais est majoré de 20 %.
NB : L’entreprise n’a pas à justifier chaque dépense engagée par le salarié. En revanche, elle doit être en mesure de démontrer la réalité des kilomètres parcourus, le type de véhicule utilisé et sa puissance fiscale. C’est sur cette base que l’URSSAF apprécie la conformité des remboursements.
Comment calculer les indemnités kilométriques ?
Formule de base
Le calcul suit une logique simple : vous partez des kilomètres réalisés pour le travail, puis vous appliquez le taux du barème correspondant au véhicule.
La formule est la suivante :
Indemnités kilométriques = kilomètres professionnels × taux du barème
Le taux dépend de deux éléments :
- la puissance fiscale du véhicule (ex. 4 CV, 5 CV, 6 CV…)
- la distance annuelle parcourue à titre professionnel (le barème fonctionne par tranches)
Ensuite, vous conservez une règle constante : vous calculez sur l’année, puis vous remboursez au fil de l’eau, selon votre politique interne (mensuel, par note de frais, par mission).
Exemple chiffré de calcul d’IK
Prenons un cas courant : un salarié utilise son véhicule personnel pour un aller-retour inter-sites.
- Vous identifiez le trajet professionnel
- Site A → Site B → Site A
- Distance totale : 120 km
- Vous vérifiez le véhicule utilisé
- Voiture personnelle, puissance fiscale : 5 CV
- Vous appliquez le barème correspondant
- Supposons que le taux applicable (selon la tranche annuelle) soit 0,636 €/km.
- Vous calculez l’indemnité
- 120 km × 0,636 € = 76,32 €
Vous remboursez donc 76,32 € sur la note de frais, avec les éléments qui justifient le déplacement (motif, date, lieux, distance).
Cas complexes
Certaines situations demandent une règle claire dès le départ.
- Déplacements mixtes (pro/perso) : vous ne retenez que la partie professionnelle. Le salarié doit pouvoir distinguer les trajets.
- Domicile–travail : par défaut, ce n’est pas un déplacement professionnel remboursable en IK, sauf cas spécifiques prévus par l’entreprise (multi-sites, mission, absence de site habituel, etc.).
- Trajet multi-étapes : vous gardez une logique simple. Vous listez les étapes, vous calculez la distance totale, puis vous rattachez le tout à une mission identifiable.
Pour éviter les erreurs, vous pouvez vous appuyer sur un simulateur du barème kilométrique (impots.gouv.fr) et sur les ressources URSSAF liées aux frais professionnels.

Impacts financiers pour l’entreprise
Coût direct pour la comptabilité
Les indemnités kilométriques constituent une charge d’exploitation pour l’entreprise. Elles sont enregistrées en frais professionnels, au même titre que d’autres remboursements liés aux déplacements. Lorsqu’elles respectent le barème officiel et les conditions fixées par l’URSSAF, elles ne génèrent ni charges sociales supplémentaires, ni imposition pour le salarié.
Sur le plan comptable, l’enjeu principal réside dans la maîtrise du volume. Plus les déplacements avec véhicule personnel sont fréquents, plus le poste peut devenir significatif. Cela suppose un suivi régulier : nombre de kilomètres remboursés, récurrence des trajets, profils concernés. Sans cadre clair, les indemnités peuvent progresser mécaniquement, sans que l’entreprise en mesure l’impact global.
Il faut également distinguer les indemnités kilométriques d’autres formes de remboursement. Contrairement à une refacturation de frais réels (carburant, péages, entretien), le barème intègre déjà l’ensemble des coûts liés à l’usage du véhicule. Il n’y a donc pas lieu de cumuler plusieurs dispositifs pour un même déplacement.
Comparaison avec les autres indemnités
Les indemnités kilométriques ne sont pas le seul dispositif. D’autres existent, avec des logiques différentes.
Le forfait mobilité durable vise à encourager des modes de déplacement alternatifs (vélo, covoiturage, transports partagés). Il repose sur un montant forfaitaire annuel, plafonné, indépendant du kilométrage réel. Son objectif est incitatif, plus que compensatoire.
Les indemnités vélo, quant à elles, répondent à une logique proche des IK, mais pour un usage spécifique. Elles concernent un périmètre plus restreint et des profils ciblés.
Chaque dispositif a donc un impact financier distinct. Le choix dépend des usages, de la politique de mobilité et du niveau de contrôle que l’entreprise souhaite conserver.
Impacts sur les salariés et gouvernance interne
Acceptabilité et motivation
Les indemnités kilométriques influencent directement la perception des salariés sur l’équité du remboursement de leurs frais professionnels. Lorsque le barème est clair, connu et appliqué de manière homogène, il facilite l’adhésion. Les collaborateurs comprennent ce qui est remboursé, selon quelles règles, et dans quelles limites.
La comparaison avec le remboursement des frais réels revient souvent. Les indemnités kilométriques offrent une simplicité de gestion : un calcul connu à l’avance, sans avoir à justifier chaque dépense liée au véhicule. En contrepartie, elles restent une estimation moyenne des coûts supportés par le salarié. Certains profils très roulants ou utilisant des véhicules spécifiques peuvent percevoir un écart entre les frais engagés et le montant remboursé.
Pour l’entreprise, l’enjeu consiste donc à expliquer le choix du dispositif. Ce n’est pas seulement une question de coût, mais aussi de lisibilité et de traitement équitable entre les salariés concernés.
Règles de conformité et contrôle
Sur le plan interne, les indemnités kilométriques supposent un cadre précis. Chaque remboursement doit s’appuyer sur des justificatifs formalisés : notes de frais détaillées, relevés kilométriques, identification des trajets et de leur caractère professionnel. Ces éléments constituent la base du contrôle interne.
Un suivi régulier permet de détecter des incohérences, comme des volumes de kilomètres inhabituels ou des trajets non justifiés. Ce contrôle n’a pas uniquement un objectif financier. Il vise aussi à « être dans les clous » en cas de vérification externe.
En cas de contrôle URSSAF, l’entreprise doit être en mesure de démontrer la réalité des déplacements et le respect du barème officiel. L’absence de documents ou des pratiques approximatives peuvent entraîner une requalification en avantage en nature, avec des conséquences sociales et fiscales immédiates.
Bonnes pratiques pour intégrer les indemnités kilométriques dans la gestion de flotte
Politiques internes claires
La première étape consiste à formaliser une politique de remboursement lisible et accessible. Ce document doit préciser les situations couvertes, les types de déplacements concernés, le barème appliqué et les justificatifs attendus. Il permet d’aligner les pratiques entre services et d’éviter les interprétations individuelles.
Une politique claire fixe aussi un cadre de gouvernance. Elle rappelle que l’indemnité kilométrique correspond à un remboursement de frais professionnels, et non à un complément de rémunération. Cette distinction limite les risques sociaux et fiscaux, tout en simplifiant la validation des notes de frais pour les managers.
Automatisation et outils
À mesure que les volumes augmentent, la gestion manuelle atteint vite ses limites. Les outils de gestion des frais et des déplacements permettent d’automatiser le calcul des indemnités à partir des kilomètres déclarés et du barème en vigueur. Ils réduisent les erreurs, accélèrent les validations et améliorent la traçabilité.
L’intégration de ces outils avec les logiciels de gestion de flotte apporte une vision plus globale. Elle permet de rapprocher les indemnités kilométriques des autres postes de mobilité et d’éviter une gestion en silos.
Suivi et reporting
Certains indicateurs sont particulièrement utiles : coût moyen par kilomètre, montant global remboursé, écart par rapport au budget initial. Ces données permettent d’anticiper les dérives et de piloter plus finement.
Une comparaison avec les coûts directs d’une flotte dédiée (carburant, entretien, assurance) aide à évaluer la pertinence du dispositif. Dans certains cas, elle peut conduire à repenser l’équilibre entre indemnités kilométriques et véhicules d’entreprise.
Conclusion
L’indemnité kilométrique est un dispositif largement utilisé pour rembourser les déplacements professionnels effectués avec un véhicule personnel. Encore faut-il en maîtriser le cadre : définition précise, barème officiel, méthode de calcul et impacts financiers pour l’entreprise comme pour les salariés. Sans règles internes claires, le dispositif peut rapidement devenir source d’incohérences, voire de risques lors d’un contrôle.
Gérer attentivement les indemnités kilométriques permet de mieux piloter les coûts de mobilité et d’assurer une application homogène au sein de l’organisation. Cela passe par une politique formalisée, des outils adaptés et un suivi régulier, intégrés à la stratégie globale de gestion de flotte.
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FAQ
Qu’est-ce que les indemnités kilométriques et quand les utiliser ?
Les indemnités kilométriques correspondent au remboursement des frais de déplacement professionnel engagés par un salarié lorsqu’il utilise son véhicule personnel pour des missions liées à son activité (visites clients, déplacements inter-sites, interventions, etc.).
Elles sont utilisées lorsque l’entreprise ne met pas de véhicule de fonction ou de service à disposition. Encadrées par un barème officiel, elles permettent un remboursement simple, forfaitaire et non imposable, sous réserve du respect des règles fiscales et sociales en vigueur.
Quel est le barème des indemnités kilométriques en vigueur ?
Le barème des indemnités kilométriques en vigueur est fixé par l’administration fiscale et publié par les sources officielles.
Il dépend principalement de :
– la puissance fiscale du véhicule (chevaux fiscaux),
– la distance parcourue à titre professionnel sur l’année.
Ce barème permet de calculer un remboursement forfaitaire couvrant l’ensemble des frais liés à l’usage du véhicule (carburant, entretien, assurance, usure). Tant qu’il est respecté, le remboursement est exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.
Comment calculer les indemnités kilométriques pour un salarié ?
Le calcul des indemnités kilométriques repose sur une formule simple : Nombre de kilomètres professionnels × taux du barème correspondant
Le taux applicable dépend :
– de la puissance fiscale du véhicule
– de la tranche kilométrique annuelle
Exemple : un salarié effectuant des déplacements professionnels avec son véhicule personnel applique le barème officiel à son kilométrage annuel pour obtenir le montant remboursable.
Ce mode de calcul garantit un remboursement standardisé, conforme fiscalement et facilement intégrable dans la gestion des frais professionnels.
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